L'histoire de la plateforme Qopro
La genèse
La genèse de la plateforme commence en janvier 2014, avec la formation du conseil syndical de la copropriété UpParc, un ensemble de 141 logements à Arcueil, près de Paris.
Ce nouveau conseil syndical, composé de 11 membres, pour la plupart primo-accédants et novices dans ce rôle, est confronté à de nombreuses malfaçons de la part du promoteur, également désigné syndic par la première assemblée générale. Près de 60 % des appartements sont touchés par des fuites de plomberie dans les premiers mois d'occupation.
L'immeuble est occupé par des propriétaires et des locataires (certains gérés par un bailleur social), qui subissent de manière inégale les conséquences d'une exécution des travaux défaillante avant la livraison.
Le premier besoin est de créer une adresse de messagerie commune entre membres du conseil syndical pour éviter l'usage des emails privés. L'utilisation directe des adresses des 11 membres rendait la communication difficile, voire impossible. Les oublis de destinataires, ou les réponses sans copies, rendaient la diffusion d'informations chaotique, à un moment où l'union était essentielle pour faire face à un promoteur immobilier et ses prestataires.
D'abord hébergée sur le serveur d'un membre du conseil syndical, l'adresse est ensuite transférée sur un serveur financé par la copropriété et hébergé en France. Le logiciel open source Mailman est retenu pour son interface graphique et ses garanties en matière de protection des données.
Une des difficultés opérationnelles en copropriété est que le syndic, en charge de la gestion, ne s'adresse pas directement aux habitants non propriétaires, alors qu'ils représentent parfois la majorité des occupants. Informer ces personnes relève des propriétaires bailleurs, qui peuvent se retrouver dépassés lorsque les volumes d'informations sont importants ou les délais trop courts.
En pratique, les informations sont souvent affichées dans les parties communes, par le syndic, le conseil syndical ou les entreprises intervenantes. Ces affichages sont parfois placés dans des zones peu visibles ou hors des trajets quotidiens. L'information est alors manquée ou connue trop tardivement.
Ces affichages ne sont pas toujours retirés une fois les travaux terminés ou les problèmes résolus, ce qui pollue les parties communes et brouille la communication.
De plus, dans les premiers mois et l'emménagement des nouveaux habitants, les problèmes se multiplient (inondations, absence de chauffage, etc.). De nombreuses entreprises continuent d'intervenir dans les parties communes et chez les particuliers, parfois avec un comportement peu professionnel. La nécessité d'une communication globale et indépendante du syndic promoteur, à destination des occupants, devient alors essentielle pour prévenir les comportements inappropriés et préparer une réponse coordonnée.
L'application upparc
En juin 2014, la première version de l'application upparc est lancée sur le nom de domaine upparc.fr. Elle permet l'inscription des habitants afin de collecter leurs coordonnées, leur statut (propriétaire, locataire, bailleur) et leurs lots, constituant ainsi une base de données à jour sous le contrôle du conseil syndical.
L'application pilote dynamiquement le logiciel open source Mailman, qui assure la distribution des courriels, pour inscrire les habitants aux listes en fonction de leur statut. Elle fournit également une interface d'administration au conseil syndical pour mesurer l'impact de ses communications.
Ces listes sont exclusivement réservées aux communications du conseil syndical et du syndic, afin de limiter le volume de messages et de préserver l'attention portée aux informations importantes et vérifiées.
En juillet 2014, un site public d'information de la copropriété est mis en ligne pour permettre aux habitants d'accéder aux informations à jour : contacts du syndic, numéros d'urgence et ressources utiles. Il sert aussi de vitrine pour présenter la copropriété aux nouveaux habitants et aux futurs acquéreurs.
Le logiciel open source Dokuwiki est choisi pour sa simplicité d'édition et ses garanties en matière de protection des données. Il est hébergé sur le serveur de la copropriété. Le contenu est rédigé par le conseil syndical et l'administration technique assurée bénévolement par un copropriétaire membre du conseil syndical.
En octobre 2020, une nouvelle liste de courriels est ajoutée pour faciliter la communication entre habitants (copropriétaires et locataires). Elle leur permet d'échanger directement, en dehors des réseaux sociaux, sur les sujets de leur choix.
En novembre 2020, le wiki de la copropriété est fusionné dans l'application upparc pour permettre la diffusion d'informations nécessitant une publication restreinte aux seuls habitants (eg : codes d'accès). La base des utilisateurs devient ainsi un moyen d'identifier de manière sécurisée les habitants et de diffuser des informations sensibles de façon ciblée.
Avec l'authentification, la gestion des consommations individuelles est ajoutée. Cette fonctionnalité permet la saisie des consommations relevées par les prestataires de compteurs et leur accès par les habitants avant les calculs de répartition des charges. Elle offre un suivi annuel par logement, facilite la vérification par les occupants et améliore la répartition collective des charges basée sur les consommations réelles.
Un tableau de bord (cockpit) est ajouté, permettant aux propriétaires, bailleurs et locataires de visualiser leurs lots (tantièmes, superficie, etc.), leurs consommations (eau froide, eau chaude sanitaire, chauffage) et de paramétrer leurs abonnements aux listes de courriels.
En décembre 2020, la gestion de la base des clés (badges d'accès Vigik© et télécommandes de parking Intratone©) est ajoutée à l'application upparc. Cela répond à l'incapacité de plusieurs syndics à maintenir une base à jour des badges attribués et à garantir la suppression des badges perdus ou hors service.
Après une distribution opaque des clés par le promoteur lors de la livraison des immeubles en 2014, puis six années de distribution sans vérification particulière par les trois syndics successifs, le respect du règlement de copropriété et de la loi de 1965 sur le statut de la copropriété des immeubles bâtis nécessitait une base d'accès fiable et à jour.
En complément, une fonctionnalité de campagne de recensement est ajoutée pour permettre aux habitants de déclarer en ligne leurs badges d'accès et télécommandes de parking. En quelques mois, cela permet de récupérer les badges encore actifs, d'assurer une attribution fiable des accès et de supprimer les badges inutilisés des serrures de la copropriété.
En octobre 2021, ajout de la valorisation des consommations permettant en plus du suivi des volumes consommés de connaître les coûts validés par l'assemblée générale. Ils sont ainsi historisés pour analyse et les coûts prévisionnels sont calculés pour l'année suivante. Cela permet aux habitants de signaler d'éventuelles anomalies de consommation avant l'approbation des comptes.
En novembre 2021, les différentes clés de charges sont ajoutées et affichées dans le cockpit pour permettre aux habitants de visualiser et vérifier leurs répartitions lors des appels de fonds du syndic.
En décembre 2021, l'application gère les serrures des bâtiments et permet de les associer aux clés d'accès. Les habitants peuvent ainsi voir dans leur cockpit qui a accès à chaque serrure et suivre la programmation des nouvelles clés.
La gestion des étiquettes de boîtes aux lettres est ajoutée. Les propriétaires et locataires peuvent faire des demandes d'étiquettes et une interface de suivi permet au syndic et au conseil syndical de traiter les demandes par lots. Le cockpit des habitants est enrichi avec la visualisation des étiquettes de leur boîte aux lettres.
En janvier 2022, l'application permet d'enregistrer les prestataires de la copropriété afin de leur donner accès à certaines informations ou de leur attribuer des clés.
Le support des compteurs est ajouté pour permettre au conseil syndical de relever et suivre les compteurs globaux (ex. : électricité, gaz, eau) et aux habitants de visualiser les index relevés par les prestataires des compteurs individuels.
La gestion des anomalies de consommation est ajoutée pour aider le syndic et le conseil syndical à détecter et traiter les anomalies issues des relevés individuels. Cela fournit une meilleure transparence sur l'application des forfaits de consommation.
En février 2022, ajout d'un module de sondage pour permettre au conseil syndical de questionner les habitants en ligne. Cela facilite la préparation des décisions à prendre en assemblée générale et l'orientation des arbitrages.
En mai 2023, ajout d'un module de FAQ pour répondre aux questions les plus fréquentes des habitants sur leur copropriété.
En février 2024, le conseil syndical se rend compte que les calculs de consommations individuelles sont incorrects et que les syndics ne respectent ni le règlement de copropriété ni la loi. L'application s'enrichit alors d'un module de calcul des consommations individuelles, en prenant en compte les index relevés par les prestataires, les relevés des compteurs divisionnaires, les factures des fournisseurs d'énergie, la réglementation en vigueur, ainsi que les décisions d'assemblée générale et le règlement de copropriété.
La plateforme QoPro
En octobre 2025, l'application upparc a prouvé sa fiabilité : en douze ans, la copropriété UpParc a connu cinq syndics différents, et a assuré une continuité de service que les extranets des syndics ne garantissaient pas. À chaque changement de syndic, ces extranets étaient supprimés, entraînant la perte d'historiques et de canaux de communication. La stabilité de l'application upparc a apporté une aide substantielle au conseil syndical dans ses missions et a servi de repère pour les habitants de la résidence.
Le conseil syndical de la résidence UpParc a exprimé des besoins forts en nouvelles fonctionnalités et en couverture plus complète (suivi des projets, gestion des votes, aspects comptables, etc.), afin de renforcer l'efficacité de ses missions.
Les derniers syndics de cette copropriété ont également plébiscité la qualité de l'outil et suggéré de l'étendre à un usage multi-copropriété, afin de le proposer à d'autres résidences.
Face à ces demandes répétées et fortes, le développeur de l'application upparc a décidé de donner un nouvel élan au projet : transformer l'application upparc mono-copropriété en une plateforme multi-copropriétés pour permettre à d'autres résidences de bénéficier de la solution et d'ajouter les fonctionnalités attendues.
Pour financer ces développements, garantir la disponibilité du service dans le temps et assurer la sécurité des données entre copropriétés, des enjeux qui dépassent la capacité d'une copropriété, le développeur initial de l'application a décidé de transférer l'avenir de l'application à la société 84.
Le nom QoPro est choisi pour cette nouvelle plateforme. Sa proximité phonétique avec le diminutif copro du nom commun copropriété permet une bonne mémorisation.
Le premier slogan pourrait être : Gérer votre copro avec Qopro : avec un Q !
En novembre 2025, l'infogérance du serveur informatique de la copropriété UpParc est confiée à la société 84 par le syndic de la copropriété.
En décembre 2025, les développements commencent, l'application est renommée QoPro et le nom de domaine qopro.com est choisi pour héberger la nouvelle plateforme.
En janvier 2026, la nouvelle infrastructure technique (serveurs, réseau, CI/CD) remplace celle de la copropriété UpParc et le support du mode multi-copropriétés est ajouté.
Le reste de l'histoire est en train de s'écrire...